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Banque privée

La persistance de taux d'intérêt faibles impose une stratégie nouvelle

La crise financière et l’incertitude économique persistante ont entamé l’appétit des investisseurs pour le risque, et ils cherchent désormais à reprendre le contrôle de leurs actifs. Toutefois de nombreux investisseurs sont trop préoccupés par la liquidité, et délaissent ainsi de potentiels rendements supérieurs à terme.

Asad-Syed et Bertrand Durnez de la Société Générale nous donnent leurs conseils pour aider les investisseurs à changer leurs comportements d’investissement et protéger leur capital dans un contexte de très faibles taux d’intérêts.

Q: Comment la crise financière a-t-elle modifiée le comportement d’épargne des investisseurs privés ?

Durnez: Il y a trois principales tendances : Premièrement, il y a une tolérance beaucoup plus faible pour tout ce qui manque de transparence. Deuxièmement, les investisseurs privés souhaitent avoir des portefeuilles extrêmement liquides – ils préfèrent être inactifs plutôt que de prendre des risques. C’est un comportement caractéristique d’après-crise. Enfin, ils privilégient désormais des investissements avec des revenus stables et réguliers, plutôt que des plus values potentiellement plus élevées - mais également plus risquées.

Trois mots résument cette situation : transparence, liquidité et contrôle. Les investisseurs privés veulent pleinement comprendre les risques auxquels ils s’exposent.

Q: L’inflation est elle encore un sujet de préoccupation ?

Asad-Syed: Les taux d’intérêt sont tellement faibles que même avec une inflation contenue, le capital s’érode dans le temps. A l’avenir, selon les prévisions, les taux resteront faibles au sein de l’OCDE (Organisation Économique de Coopération et de Développement). Durant les trois dernières années, l’épargne monétaire en euro a augmenté en cumul de 2,9%, alors que les prix de la zone euro ont augmenté de plus de 6%. Par ailleurs, l’épargne monétaire en dollars n’a augmenté que de 1% alors que l’inflation cumulée a représenté 8,2% aux États Unis.

Q: Le monétaire est il une bonne solution pour préserver le capital ?

Asad-Syed: La réponse est généralement positive, mais dans un contexte de taux d’intérêts réels négatifs la protection du capital elle même n’est plus garantie par les dépôts monétaires. Ce qui affecte les investissements à moyen et long-terme préférés des clients privés.

Q: Quelles sont les alternatives dans l’environnement économique mondial actuel ?

Asad-Syed: Les investisseurs privés surestiment peut être leurs besoins de liquidité. Ils devraient se concentrer un peu plus sur des investissements à long terme plutôt que sur des dépôts à vue. Ils devraient passer des dépôts monétaires aux obligations, et en particulier aux obligations d’entreprises. Ils pourraient placer une petite partie de leurs avoirs sur les devises étrangères pour tirer profit de rendements plus élevés. Il y a là un risque de dévaluation mais une volatilité moindre que sur les marchés des actions.

Q: Comment mettez vous ces conseils en œuvre sur les portefeuilles que vous gérez ?

Durnez: Nous avons renforcé notre expertise dans la gestion du risque de crédit et des obligations d’entreprise avec une équipe de cinq stratègistes crédit, chacun couvrant un large spectre de l’activité économique. Nous avons également créé un partenariat innovant avec un spécialiste de l’analyse de crédit afin d’améliorer notre offre en matière d’obligations corporate.

Q: Comment ces préoccupations sont elles perçues par vos clients ?

Durnez: Nous sommes en ordre de bataille et les objectifs sont clairs: nous devons nous battre contre l’impact des taux d’intérêt et d’une inflation constante mais faible. Nos clients savent désormais qu’ils doivent gérer leurs liquidités de manière plus dynamique. Ils sont heureux de nous en déléguer la gestion, mais ils veulent comprendre comment nous accédons au marché primaire, comment nous conduisons nos analyses de crédit et comment nous optimisons l’efficacité du trading.