!css
Banque privée

Un point sur les valeurs financières

Des opportunités dans les valeurs bancaires et d'assurance de la Zone Euro dynamisés par Solvency II

Grâce au programme de rachat de dette obligataire annoncé en septembre par la Banque Centrale Européenne pour sauver l’euro, le secteur bancaire est mieux positionné face à la crise de la zone euro née en Grèce il y a presque trois ans. Les risques sont maîtrisés, alors que la Grèce poursuit l’application du plan de sauvetage et que l’Espagne est sur le point d’accepter l’aide de la BCE. Solvency II, la plus vaste réforme règlementaire à ce jour du secteur de l’assurance en Europe, sera mise en œuvre en janvier 2014 et améliorera le risque crédit du secteur financier de la zone euro, rendant ainsi plus attractif l’investissement en dette subordonnée.

Claudia Panseri, stratège actions chez Société Générale Private Banking, offre ses conseils pour investir dans les valeurs financières.

Q: Pourquoi est ce un bon moment pour investir dans les valeurs financières ?

R: Le secteur financier a une valeur fondamentale et il est de surcroit plus sûr que les sociétés ou les secteurs qui sont exposés à la croissance ralentie ou négative de la zone euro. Les valeurs bancaires et d’assurance sont bon marché et bénéficient du soutien de la BCE.

Q: Quels sont les risques associés à la bonne performance récente?

R: La probabilité que la Grèce sorte de l’euro sans intervention de la BCE est très faible. Dans l’hypothèse très improbable que l’Espagne refuse l’aide de la BCE, il pourrait y avoir une prise de bénéfices sur les actions, en particulier sur les valeurs financières.

Les attentes de croissance des profits dans la zone euro sont tellement faibles qu’il est assez facile de les satisfaire. Contrairement aux États Unis où les anticipations de croissance des bénéfices sont très élevées, en Europe l’essentiel a été déjà largement anticipé.

Le risque principal se situe dans le ralentissement macro-économique que pourrait faire suite à  une politique fiscale restrictive aux Etats-Unis en 2013. Si les Etats Unis se heurtent à le désormais fameuse “falaise fiscale” nous pourrons assister à la montée des crédits douteux et au ralentissement de l’économie mondiale. C’est là un risque réel, non seulement pour les Etats Unis, mais aussi pour les marchés européens et émergents.

Q: Pensez vous que Solvency II présente un risque pour les assureurs ?

R: Non. Solvency II renforce les fonds propres des sociétés d’assurance. Il réduit ainsi la prime de risque et renforce la solidité du secteur de l’assurance en Europe, tout en améliorant la qualité du risque crédit. Il devrait donc de ce fait renforcer l’attractivité des assureurs français et allemands par rapport à leurs concurrents internationaux, dans la mesure où ils sont capables de payer des dividendes élevés et sûrs.

Q: Quel est l’impact potentiel d’une forte corrélation entre le crédit et les actions lorsqu’il s’agit d’investir dans les banques européennes ?

R: Cela dépend du profil de risque du client. Je suggèrerai d’investir dans les banques européennes, et même italiennes, parce que le rendement des dividendes est énorme.

Je ne pense pas que les banques italiennes soient en risque. L’Espagne n’est pas du tout en risque, pourvu qu’elle sollicite l’aide de la BCE.

Il y a une très forte corrélation entre la dette subordonnée des entreprises et la performance relative des banques. Les obligations subordonnées sont cependant moins risquées que les actions. En effet,depuis le lancement par la BCE du programme LTRO (long-term refinancing operation) à la fin de l’année dernière, la BCE fournit de la liquidité aux banques et réduit ainsi le risque qu’elles fassent défaut. Les valeurs bancaires sont attractives pour les investisseurs à long terme prêts à miser sur le retour à la croissance  du secteur bancaire.